• Gregory Crewdson, Beneath the roses (Galerie Templon, Paris 2009)

    Untitled (The father), par Gregory Crewdson

    Untitled (The father), par Gregory Crewdson

     

    Comme nous avions tous les deux posé un jour de congé, Marion et moi sommes allés visiter la Galerie Daniel Templon.

     

    Il nous a fallu faire l’aller-retour dans la rue Beaubourg avant de trouver l’entrée de la galerie, qui depuis la rue est pratiquement indécelable : comme la galerie se trouve au fond d’une petite cour, c’est par une porte cochère tout ce qu’il y a d’ordinaire qu’il faut passer depuis la rue, et si on ne sait pas que la galerie se trouve derrière… on ne peut pas la trouver (il y a quand même une petite plaque « Galerie Templon », mais c’est un peu juste). En même temps, étant donnée la notoriété de la galerie, je pense qu’ils n’ont pas à craindre pour leur fréquentation, d’autant que l’entrée est gratuite (donc, qu’il y ait 100 pékins ou 2 par jour, ça leur en touche l’une sans bouger l’autre, comme disait ma grand-mère).

    La galerie exposait une dizaine de photos en très grand format (environ 1m50×2m) tirées de la série Beneath the roses (Sous la surface des roses). Ces photos sont assez représentatives du travail de l’artiste : hyperréalistes par le thème qu’elles abordent (la solitude, l’incommunicabilité, le quotidien dans ce qu’il peut avoir de plus sordide… on est bien « sous la surface des roses », derrière le masque plaisant arboré en société), elles sont aussi paradoxalement surréalistes par leur atmosphère. Crewdson prépare en effet chacune de ses prises avec un soin méticuleux (que l’intéressant livre présentant l’intégralité des œuvres de la série, et posé à l’entrée de la galerie, permet d’entrevoir), reconstituant parfois en studio les décors qu’il a sélectionné, employant de multiples projecteurs pour diffuser exactement la lumière souhaitée sur chaque élément… Ce soin apporté à la composition et à l’éclairage des scènes leur donne un aspect très cinématographique (on pense parfois aux ambiances des films de David Lynch), mais aussi un côté artificiel (clairement intentionnel).

     

     

    La qualité technique des œuvres de Crewdson est donc généralement remarquable, mais cette maîtrise technique ne suffit pas à emporter mon enthousiasme, encore moins mon admiration : il y a bien une poignée de photos que j’ai trouvé réussies sur l’ensemble de celles que j’ai pu voir depuis cette visite (la dizaine présentée à la Galerie Templon n’étant pas particulièrement séduisante d’ailleurs), mais dans l’ensemble, si je vois bien pourquoi l’œuvre de Crewdson est rapprochée de celle d’Edward Hopper, mon avis est qu’alors que la peinture de Hopper invite à une douce mélancolie, la photographie de Crewdson instille, elle, plutôt le désespoir, voire le dégoût par certains de ses aspects les plus crus et manque cruellement de poésie.

     

    Et finalement, alors que les ambitions de Crewdson et ses références avaient tout pour faire de moi un fan, je suis finalement resté sur ma faim.

    Dommage donc, même si son travail reste intéressant et que je vous invite quand même à y jeter un oeil, j’en espérais davantage.


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